Comment ARROSER son bonsaï

Comment ARROSER son bonsaï

Cette question est le souci principale de tout débutant: quand et comment arroser son bonsaï ?

En effet un excès ou un manque d’eau peuvent être fatal au bonsaï. Si vous avez des enfants vous savez quand ils ont faim ou soif. Avant qu’ils ne s ‘expriment verbalement ce sont leurs cris qui vous informent de leurs besoins.

Avec un arbre c’est plus délicat car apparemment ils ne s’expriment pas. C’est oublier qu’ils ont un langage qu’il faut apprendre à décoder.

Savez-vous qu’un arbre respire? Il n’a pas de poumon mais il respire. Cette respiration est importante à comprendre car il participe de la « science » de l’arrosage. Avec l’expérience vous apprendrez à « sentir » les besoins hydrique de votre bonsaï car cet être vivant est un équilibre fragile et l’équilibre hydrique en est une composante.

L’équilibre hydrique

Le bonsaï, cet arbre miniature je le rappelle, a besoin d’eau qui est en quantité limitée dans le petit pot.

Les différences de températures dues aux saisons, le vent ou les pluies influenceront leurs besoins.

Il faut donc prendre en considération la météo.

Un bonsaï transpire par ses feuilles et perd beaucoup d’eau ainsi et les racines doivent pomper de l’eau pour maintenir ce besoin. Il y a donc un rapport étroit entre les racines et la masse foliaire. Lors d’un rempotage avec taille des racines, veiller à également tailler la masse foliaire pour maintenir cet équilibre.
L’équilibre se joue entre la terre, l’air et l’eau.

La terre

Un substrat est composé de matière retenant l’eau, comme une éponge, et d’éléments drainants, qui évitent la stagnation de l’eau donc l’anoxie.

Dépendant de l’espèce cultivée et du climat dans lequel vous habitez vous composerez votre substrat en fonction de ces 3 paramètres. La capacité de rétention, la capacité de drainage et le climat.

La saison est également à prendre en considération. Au passage nous avons tendance à oublier d’arroser nos arbres en hiver.

La rétention

L’argile, la tourbe, la vermiculite sont des composants qui retiennent l’eau.

Cependant il ne faut pas exagérer leur proportion sans compromettre les racines qui pourrissent.

Hormis le saule pleureur qui aime avoir les pieds dans l’eau, les arbres ont besoin d’une terre humide mais pas gorgée d’eau.

Le drainage

C’est l’aérateur du système.

La pouzzolane, le sable grossier, la perlite sont des éléments qui facilitent l’écoulement de l’eau.

Outre cette fonction l’aération du substrat permet aux racines de se développer.

L’air

Nous voyons la terre, le terreau, comme une masse compacte composée d’éléments solides. C’est oublié que l’air y a une place importante.

oxygène-eau
Les racines ont besoin d’air

Prenez un verre, remplissez-le de gros cailloux. Est-il plein? apparemment oui. Rajoutez du gravier, il prend la place restante. Même question…puis rajoutez du sable, même question. L’espace est enfin « rempli ». Mais si vous l’observez au microscope vous constaterez qu’il y a encore de la place entre chaque particules de grains de sable.

Cette expérience bien connue permet de comprendre que tout espace, toute matière est composée essentiellement de vide. Il faut favoriser ce vide, créer des poches d’air. En effet s’il n’y a plus de place pour l’air lors d’un arrosage excessif c’est la pourriture des racines assurées par asphyxie: c’est l’anoxie. Il faut donc que le substrat soit drainant pour évacuer le surplus d’eau.

Ce qu’il faut savoir également c’est que cet espace de vide, rempli d’air, se charge de dioxyde de carbone généré par la respiration des racines. Faites le test de respirer dans un sac plastique et vous sentirez vite que vous vous asphyxiez. Ces racines pompe l’oxygène stockée entre les particules solides et pour continuer de croître elles ont besoin d’oxygène frais.

Cet oxygène frais est apporté par l’arrosage d’une eau fraîche qui chasse l’air vicié.

L’eau

Étudions dans un premier temps les étapes de l’eau lors d’un arrosage. Familiarisons-nous avec l’eau de gravité, le point de ressuyage, la capacité de rétention et le point de flétrissement.

L’eau de gravité

Elle porte bien son nom. C’est celle qui n’est pas absorbée par le substrat. C’est l’eau superflue.

Par son propre poids elle s’écoule naturellement par les trous de drainage si le substrat le permet. Il est important de ne pas mettre de coupelle en dessous car l’eau stagnante engendre l’anoxie.

Le point de ressuyage

C’est 25%. Lorsque l’eau a finit de s’évacuer il en reste 25% que la terre retient. C’est la réserve de l’arbre en quelque sorte. C’est un taux idéal de développement pour celui-ci.

La capacité de rétention

Le bonsaï doit se débrouiller avec ces 25% restant. Malheureusement il y a aussi l’évaporation foliaire et l’évaporation du substrat qui sont des déperditions inévitable. C’est pourquoi il faut le surveiller régulièrement.

Le point de flétrissement

Le bonsaï ne peut pas absorber toute l’eau du pot.

Il faut imaginer que l’eau s’accroche, se lie dans les points de contact des particules solides. La force de succion des racines n’est pas suffisantes pour aller la chercher.

Une terre apparemment humide n’est pas toujours un signe qu’il y a encore suffisamment d’eau.

Et c’est lorsque l’arbre n’arrive plus à absorber d’eau qu’il atteint son point de flétrissement.

Il y a quelques astuces.

Astuces

1- Prenez un bâtonnet de bois et plantez-le dans le substrat. Pour vérifier s’il est temps de l’arroser retirez-le et s’il est sec c’est qu’il est temps.
2- Avec votre doigt. Enfoncez-le d’1,5 cm dans le substrat, et s’il ressort sec c’est qu’il est temps d’arroser

Mais l’information vient avant tout de l’arbre lui-même et il faut également se préoccuper de la qualité de l’eau.

La qualité de l’eau est primordiale

Nous allons voir qu’une eau chlorée et à la mauvaise température est très néfaste pour nos arbres.

Le chlore

Les eaux domestiques, celles qui sortent quand vous ouvrez le robinet chez vous, sont chargées en chlore: cela est nuisible aux racines et à la qualité du substrat.

Est-ce que vous buvez l’eau de piscine? J’espère que non!

Le meilleur moyen d’éliminer ce chlore (c’est un conseil valable aussi pour votre quotidien d’être humain) est de la laisser reposer 24h ou bien de l’exposer au soleil. L’eau de pluie est idéale.

L’eau de pluie

Elle est généralement très pure.


Si elle provient d’un orage, la réaction électrique transforme l’azote en nitrate et ça c’est bon pour nos bonsaï.

Je mettrais un bémol si vous habitez une grosse ville car les pluies ont tendance à y être plus acide, ce qui détruit la mince pellicule de cire des feuilles (qui les empêche de trop transpirer).

Cette eau de pluie est très oxygénée, elle nettoie l’arbre et est à bonne température.

La bonne température

Peut-être êtes-vous un amateur de saunas et vous adorez le choc thermique de la douche froide après les 20min à 8O°! (Personnellement j’apprécie les 90° 😉 Tant mieux pour vous car c’est excellent pour la santé.

Pour nos bonsaï et en particuliers leur racines et bien c’est l’inverse: ce choc thermique leur est fatal! Les racines souffrent et ne font plus leur travail correctement: leur capacité d’absorption est ralentie.

On s’imagine qu’en leur fournissant une eau fraîche en plein été on va les rafraîchir! C’est oublier que nous ne sommes pas des arbres, ou que les arbres fonctionnent différemment.

Un conseil: pensez bien à chambrer l’eau au minimum à température ambiante. C’est valable été comme hiver, un choc thermique c’est dans les 2 sens.

Quand doit-on arroser

Ici c’est la foire aux possibilités car il n’y a pas de contre-indication.

Cependant il y a quelques connaissances simples qui vous éviteront de les arroser toutes les 10min en été.

En été

L’arbre a besoin d’être hydraté avant les heures les plus chaudes. Comme pour les coups de soleil on évite de s’exposer ente 11h et 16h.

Pour nos bonsaï l’idéal c’est à la fraîche le matin, à l’aube ou bien le soir entre chien et loup.

En hiver

C’est presque l’inverse. Les gelées matinales et les frimas de fins de journées ne font pas bon ménage avec les racines.

On arrosera donc de préférence entre 11h et 15h.

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Les racines craignent le gel

Pour les bonsaï « d’intérieur« 

Pour les tropicaux qu’ils faut rentrer à la saison froide, on peut arroser à n’importe quelle heure de la journée car l’activité est au ralenti sans subir les gelées.

On oublie trop souvent d’arroser en hiver et les signes d’un manque d’eau d’eau sont les mêmes.

Quels sont les signes du manque d’eau

Le plus évident se passe au niveau des feuilles.

Elles commencent par se ramollir, elles « s’affaissent » et deviennent plus terne. Comme une peau qui a trop pris le soleil, les feuilles en séchant se plissent, se rident.

Pensez aux feuilles en automne qui sont toutes recroquevillées.

Ensuite ce sont les rameaux de l’année qui jaunissent et se dessèchent.

Les « mauvaises herbes » ou les mousses sont également de bons agents d’informations. Ne les supprimés pas systématiquement. L’esthétique est importante mais tant que vous ne partez pas en exposition ne vous privez pas de ces informateurs.

Pour déterminer l’état de sécheresse de votre bonsaï n’hésitez pas à casser des petites branches, depuis les feuilles, en redescendant vers la ligne de tronc. Dès que vous sentez de la souplesse arrêtez-vous, il y a encore de la vie. Et tant qu’il y a de la vie…

…il y a de l’espoir! Voyons maintenant comment arroser votre bonsaï

Comment arroser correctement son bonsaï?

Continuons ce tour d’horizon de l’arrosage de votre bonsaï et du bon maintien de son équilibre hydrique avec ces 3 techniques principales d’arrosage que sont la brumisation, le trempage et l’arrosage classique.

La brumisation

En voilà une légende tenace et romantique. Le jardinier végétarien qui se balade avec son brumisateur au milieu de son jardin est une image d’Epinale qui à la vie dure !

En effet quoi de plus rassurant que de se dire que l’on rafraîchit nos arbres de cette manière en période de forte chaleur. Détrempez-vous, pardon détrompez-vous: c’est l’effet inverse qui se produit!

La brumisation est un nuage de vapeur d’eau qui ouvrent les stomates des feuilles. Il faut plusieurs minutes de brumisation avant que les feuilles ne commencent à absorber l’humidité. En dessous de ce temps de brumisation vous avez simplement ouvert les fenêtres (les stomates) plus grandes et générer une déperdition d’eau par évaporation. Par contre l’avantage de brumiser est de nettoyer les feuilles de la poussière et de la pollution, d’abaisser sensiblement la Tpc° des feuilles et d’éloigner les araignées rouges.

Il est donc conseillé de brumiser longtemps et d’arroser de manière classique en même temps.

L’arrosage classique

Comme toute plante verte en pot il faut de l’eau à votre bonsaï. Ni trop, ni trop peu.

Et l’on arrose pas avec un verre d’eau en estimant la quantité d’eau contenue dans ce verre en proportion avec le pot.

Vous devez arroser en pluie fine jusqu’à ce que l’eau de gravité s’écoule par les trous de drainage. L’arrosage en « pluie fine », comme son nom l’indique, imite la pluie. Elle est plus douce pour votre substrat qui ne doit pas se faire décoller par l’arrosage.

En arrosant avec votre verre d’eau vous ne faites qu’un arrosage de surface. Ce faisant les racines ne vont se développer qu’en surface et qu’est-ce qui sèche en premier? La surface du substrat, donc les racines.

En cas de sécheresse vous pouvez toujours tremper votre bonsaï.

Le trempage

C’est une technique soumise à débat. Pour certains c’est le top pour d’autres ce n’est même pas envisageable. La taille de vos arbres répondront également à cette question.

Si vous ne pouvez pas soulevez le bonsaï dans un contenant assez grand cette technique est impensable. Mais si vous en êtes-là a priori vous n’êtes plus un débutant 😉

Personnellement je n’y voit pas d’inconvénient en cas de crise d’assèchement. Cependant il faut s’en méfier et procéder par étape. Le bain risque de faire éclater les cellules de votre arbre à cause d’un gonflement trop soudain. Arrosez-le gentiment en plusieurs fois, à plusieurs heures d’intervalle et procéder au trempage ensuite.

Quelques règles à observer pour un trempage réussit:
– Le substrat ne doit pas être immergé.
– L’eau du bassin doit arrivé à fleur du pot et c’est par capillarité que le substrat se gorgera d’eau. – Pas besoin de le laisser plus d’1hr, lorsque plus aucunes bulles ne remontent à la surface.

Il existe une astuce pour augmenter l’humidité autour de votre bonsaï.

Astuce

Elle est surtout utile en été. Vous pouvez placer une coupelle rétentrice d’eau sous le pot à condition que celui-ci ne baigne pas dedans. Imaginez-le comme une île surélevée. L’évaporation progressive sera bénéfique à votre arbre.

Ne laissez plus vos arbres se dessécher Décomplexez-vous l’arrosage!

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