Où ACHETER des graines de bonsaï?

Où ACHETER des graines de bonsaï?

Je vois passer régulièrement cette question sur internet: où acheter des graines à bonsaï?

Cette question me touche. Un mélange d’incrédulité et de compassion pour ceux qui ne savent pas où en trouver me saisit: c’est vrai ça, c’est fatiguant à la fin! Tout le monde en parle mais personne nous donne d’adresse.

C’est tellement rare et magique un bonsaï que les vendeurs en jardineries, pas tous bien sûr, ne savent vraiment pas où en trouver. Ils vendent bien du terreau à bonsaï mais de graines, point! Ça peut décourager ceux qui souhaitent vraiment s’y mettre.

On est souvent obligé d’aller voir dans la boutique de Jack (je vous donne son adresse en bas de l’article).
Je vais donc vous parler de mon expérience lorsque je cherchais ces fameuses graines.


Tout a commencé un matin

Une matinée sur les chapeaux de roues

Cette matinée-là démarrait plutôt mal. Il y a des jours comme ça, on se dit qu’on aurait mieux fait de rester au lit avec sa machine à rien faire.

Mon médecin m’avait prévenu en début de semaine que j’en faisais trop. Ma tension avait chuté à 110/70 mmHg et ça l’inquiétait. Aussi m’avait-il prescrit un bac à récupérer les chutes de tensions. Je m’étais rendu en pharmacie avec mon bon de saillie sans comprendre pourquoi la pharmacienne me regardait avec des yeux de merlans frits.


Bref, ce matin-là je cherchais ma pince à serrer le café pour me réveiller tandis que ma femme désespérait de ne pas mettre la main sur la casserole carré, celle qui évite que le lait ne tourne.
C’était un peu la panique en cuisine. Nous avions déjà perdu l’économe à framboise et l’échelle à monter les blancs en neige la veille et ça commençait à faire beaucoup.

Ma femme peut se mettre dans des colères noires pour ce genre de choses. Ça me rappelle qu’il faut que je redemande à mon frère le moule à croissant pour le brunch de dimanche car je ne vais pas avoir le temps d’hacher la farine.


Vous l’aurez compris, on se levait du mauvais pied. Dans ces cas-là rien ne vaut un coup de fouet que nous nous donnons mutuellement, ma femme et moi. Ensuite il suffit d’ouvrir la boîte à étincelles et ça redémarre. Nous prenons enfin notre café et on discute, comme d’habitude, de la journée à venir.
J’informe ma chère et tendre que je vais acheter des graines à bonsaï. C’est décidé cette année je m’y mets. Elle en profite pour me charger de 2 courses à faire: c’est juste à côté: « Tu pourras passer au magasin de bricolage s’il te plaît, on va repeindre la chambre de la petite et j’ai trouvé une belle peinture à motifs écossais. Et si tu pouvais t’arrêter à la poste, c’est sur le chemin, j’ai besoin d’une enveloppe ronde pour la circulaire du syndicat de copropriété. »

Ma liste de course

Me voilà donc avec une liste de course: une enveloppe, de la peinture et des graines.

A la poste

J’enfile ma veste et prends mon bol d’air. Un vent à décorner les boeuf me saisit au collet et je regrette de n’avoir pas pris ma corde a faire tourner le vent. Tant pis. Je passe d’abord à la poste, il est encore tôt et personne dans la file d’attente. Je repars avec mon enveloppe, rectangle! En effet c’est avec un sourire amusé que la femme au guichet me précise qu’ils sont à court d’enveloppes rondes circulaires. C’est ma femme qui ne va pas être contente.

Ensuite, direction le magasin de bricolage.

Le magasin de bricolage

Il y a une promo à l’entrée: -20% sur les bidons d’huile de coude. J’en prends deux ça peut toujours servir.

J’ai toujours l’impression de me faire avoir dans les magasins de bricolage tellement je n’y connais rien. Le vendeur le sait bien et m’aborde: je peux vous aider? Idem que pour la poste ils sont en rupture de stock pour la peinture à motif écossais.

Par contre il fait tellement bien son travail (en même temps je repensais aux travaux de la chambre de la gamine) que je repars avec un marteau à bomber le verre, un marteau à clou de girofle, une colle sans-contact, une échelle à carrelage, une pince à couper le courant et une boîte de vis versa.

Comme je n’arrive pas à me projeter dans ces travaux, les étapes à mener, le vendeur me conseille, pour finir, de prendre 200 mètres de lignes de mire: j’y verrais plus clair!

Ça fait beaucoup d’achats imprévus mais quand on bricole il nous manque toujours quelque chose. Au moment de payer le caissier m’informe que c’est un chèque en bois. Stupéfaction, j’étais persuadé d’avoir pris le bon chéquier. Pas grave, je paye en liquide et je ressors, trempé.


Heureusement que les jardineries sont souvent à côté des magasins de bricolage. Ça nous évite des heures de voiture.

A la jardinerie

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Un bonsaï-ka vu par un vendeur en jardinerie

J’entre donc dans ce temple dédié au végétal et au scrapbooking.

Je ne cède pas à la pelle de la forêt qui sera sûrement en promo cette hiver. Je file direct à l’extérieur, dans la pépinière où j’agrippe un vendeur.

Un bras

Je lui fais pars de mon dilemme:

– Je suis un jeune bonsaï-ka…

– Un bonsaï-quoi?

– Je suis débutant dans le bonsaï…

– Ah oui je vois!…

– …et je cherche des graines de bonsaï. J’ai bien trouvé votre terreau qui m’a coûté un bras…

– je vois ça, j’espère que ça va bien cicatriser…

En plus d’être compatissant ce vendeur, Valentin de son prénom, va tout faire pour m’aider. Il me propose de l’eau lyophilisée de très grande qualité et de l’oxygène en poudre pour les racines. Je ne savais pas mais les racines ont besoin d’air. Mais il ne trouve pas les fameuses graines.

Il me toise et finit par me dire:

– Vous savez, entre nous, le monde du bonsaï est un peu mystérieux, c’est un univers mystique qu’on évite en jardinerie.

– Pourtant vous vendez des petits bonsaï ici?

– Oui mais justement on n’en connaît pas vraiment la provenance, ils arrivent par conteneurs et le secret de fabrication est jalousement gardé.

Mais j’ai peut-être la solution pour vous. Allez-voir Jack de ma part, il a une boutique de graines, des graines du monde entier! Ça le passionne depuis qu’il est tout petit et il aura sûrement ce qu’il vous faut. Vous le trouverez au pied du château, en centre-ville, vous ne pouvez pas le rater.

Que Dieu bénisse ce vendeur!

Chez Jack

Me voilà donc repartit en voiture, conduisant d’une main puisque le terreau à bonsaï m’avait coûté un bras, et je me gare devant la boutique: « Chez Jack et le Haricot Magique ».

Cette enseigne me séduit tout de suite, elle me réveille des souvenirs d’enfance. La porte grince, la clochette tinte et je traverse une mini-serre puis pénètre dans ce comptoir à graines. Jack m’accueille avec un sourire.

– Vous venez de la part de Valentin?

– Euh, oui…

– Je reconnais tout de suite les amateurs de bonsaï, ils ont quelque chose dans le regard. Même chez les débutants. Seuls les bonsaï-ka remarquent mon bonsaï-pommier dans la serre à l’entrée! Et vous cherchez des graines à bonsaï, n’est-ce pas?

– Oui j’aimerais commencer une collection.

– Vous avez de la chance nous sommes en août et la saison des pommes à commencer.
Tenez je vous en offre une, elle vient de mon verger! Croquez et plantez!

Il se moque de moi ou quoi? c’est pas possible, il est de mèche avec Valentin pour me jouer un tour?
– Mon cher monsieur, me dit-il avec beaucoup de douceur: un bonsaï est un arbre miniature, mais c’est un arbre! Vous pouvez donc planter et cultiver n’importe quelle graine de pratiquement tout les arbres de la terre.

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La pomme de Jack

Ma petite graine

Je sors de chez « Jack et le Haricot Magique », émerveillé, enthousiaste et impatient de planter ma petite graine, bien que je sois déjà papa!

J’ai appris que je pouvais faire de n’importe quel arbre, pratiquement n’importe lequel, un bonsaï! Ma femme ne va pas en revenir. Bon je n’ai pas sa peinture à motifs écossais mais on a de quoi bricoler quand même!

Alors prêt à planter la graine de votre choix?

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