Mon premier plant de PÉPINIÈRE en bonsaï

Mon premier plant de PÉPINIÈRE en bonsaï

Après mon premier yamadori (je vous invite à lire l’article que j’y ai consacré ici) je décide d’acheter un plant de pépinière.

En effet je ne pourrais plus toucher à mon cèdre avant un voire deux ans et j’ai l’impatience du débutant. Impatience qui paiera comme nous allons le voir. J’ai un coup de coeur pour un prunus kojo no mai dont la forme ressemble à celui que nous avons dans le jardin. Un fushinagashi, un « battu par les vents ».

Retournons en arrière pour suivre l’évolution de mon premier plant de pépinière en bonsaï.

A la pépinière

J’adore me balader dans les pépinières.

C’est un endroit où l’on croise, au détour des allées, pleins d’arbres et arbustes d’espèces différentes. Des conifères, des persistants, des arbres à fleurs, des fruitiers ainsi que toutes sortes d’arbustes et de plantes d’ornements.

En tant que bonsaï-ka débutant je ne regarde ces arbres qu’en imaginant les bonsaï qu’ils deviendront. Nous sommes fin février et je n’ai pas encore toutes les notions pour un choix réfléchit mais je sais regarder les racines, la taille des troncs, l’insertion des branches et surtout s’il est en santé. Je m’arrête « Allée des prunus kojo no mai ». Ils sont à 12€. C’est raisonnable.

Je n’en prend qu’un pour commencer…pour commencer… Et je rentre à la maison.

A la maison

Le rempotage

De retour chez moi je décide de le rempoter. Je n’ai pas encore assimilé beaucoup d’informations.

Comme je n’ai pas de pot à bonsaï ni le matériel adéquate je le rempote à l’ancienne. Je mets du gravier au fond du pot et pour le substrat je mélange du terreau à du sable, de la petite pouzzolane, de la terre prise au pied des prunus du jardin (en espérant y trouver des mychorises) et j’ai incorporé le tout au substrat d’origine (en faible quantité).
Je l’arrose abondamment et je le mets à l’ombre pour plusieurs jours.

Après quelques jours je n’y tiens plus, je le taille.

La taille

Suite à mon travail et récolte d’information avec le cèdre, je sais qu’à la taille des racines doit correspondre une taille de la partie foliaire.

Si c’est fortement déconseillé chez les conifères (un seul travail par an) il me semble que les feuillus étant plus vigoureux je peux me permettre de le faire.
Je taille donc la moitié des radicelles, fais une petite taille de structure en gardant de grands tire-sève (je voulais le voir fleurir).

J’ai un vieux ciseaux à bonsaï dont je me sert pour le verre soufflé.

Retour au soleil

Les bourgeons ne dépérissent pas alors je le mets au soleil sur une table de jardin au pied de ses grands frères, les 2 prunus du jardin. Et oui je n’ai pas un mais deux prunus dans le jardin…

hum…donc…allez j’y retourne ! Où ça? A la pépinière pardi!

Les deux prunus

Quand je retourne à la pépinière les arbres ont commencé à fleurir.

Les fleurs blanches du Kojo no mai sont un régal. Ça va être magnifique en bonsaï. Je prend donc le deuxième qui a sensiblement la même structure que son grand frère du jardin.

Mais je ne fais pas comme le premier. Les branches sont élancées et la floraison est légère mais je souhaite en profiter. Et je me pose beaucoup de questions sur les choix à faire.

Et je ferais ma première erreur avec ce deuxième prunus.

Errare humanum est

Pris d’indécision et de fascination je tarde à le rempoter et à le tailler.

Je le regrette aujourd’hui car ses branches élancées et frêles ne portaient en fin de compte que quelques clochettes blanches. A la limite du déprimant. Entre temps j’ai acheté des plats de grand-mère pour faire mes pots à bonsaï. Si vous n’avez pas lu mes 5 astuces pour débuter avec un petit budget c’est le moment.

Je rempote donc le deuxième ainsi que le premier dont le substrat trop compact ne pas être arrosé, l’eau déborde avant d’être absorbée. Ensuite je me mets à le ligaturer, allez savoir pourquoi. L’impatience du débutant et l’envie de m’y mettre. C’est pourquoi je préconise de se faire la main avant. Car en plein débourrage je casse quelques bourgeons.

Indécis dans le choix d’orientation des branches je finis par briser l’écorce à force de faire des essai de sculpteur….

prunus-kojo-no-mai
2 conduites, 2 périodes pour 2 résultat différents

Résultats

J’ai décidé de conduire ces deux prunus de deux manières différentes pour pouvoir comparer. Je vais cultiver le premier que j’ai acheté en « clip and growth », tailles et repousses successives. Le deuxième sera cultiver en le formant avec de la ligature, bien que le prunus soit une essence rigide (elles peuvent casser facilement).

Le « clip and growth » a ma préférence d’un point de vue du travail et de la philosophie mais je suis content de pouvoir faire un comparatif. Et il faut bien que je me mette à la ligature un jour.

Après la floraison je coupe drastiquement le premier prunus tandis que je garde de frêles branches sur le deuxième. Un mois après les résultats sautent aux yeux: pour l’un se sera « balayé par les vents » pour l’autre c’est encore flou !

Ce qu’il faut retenir

. Commencez par des feuillus. Ils sont plus tolérants à vos erreurs. Les conifères sont rustiques mais ce sont de vrais princesses.
. Ne confondez pas vitesse et précipitation. Réfléchissez avant de faire quoi que ce soit. Mais faites-le à la bonne saison.
. Taillez avant le débourrage, quitte à sacrifier quelques beautés. Votre arbre vous le rendra, il explosera au printemps.
. Apprenez à ligaturer en amont. Entraînez-vous sur de grandes branches avant de passer en mode mini. Sinon c’est le dépérissement assuré.
. Choisissez des pépinières de qualité. Je vous prépare un podcast avec un jeune pépiniériste sensible à l’ethnobotanique qui nous parlera de son rapport à l’arbre et de l’importance d’avoir des arbres en santé.

Et vous c’est quoi votre premier plant de pépinière?

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