8 ERREURS d’un débutant

8 ERREURS d’un débutant

Vous venez d’acquérir votre premier arbre en pot acheté en pépinière.

Comme de jeunes parents face à leur progéniture des dizaines de questions vous tourmentent.

Est-ce que je serais capable d’en prendre soin? Comment reconnaître ses besoins? Est-ce que mon intuition est suffisante? Il a soif ou il a faim? Va-t-il craindre les courants d’air? N’a-t-il pas trop chaud ou trop froid? Comment savoir?
En effet, comment savoir? Si vous êtes parents, vous savez que dans nos gènes sont inscrits des connaissances venant de la nuit des temps. Mais plus vous avancez dans l’apprivoisement de ce petit être plus vous découvrez qu’il y a des trucs et astuces pour se faciliter la vie. Ces connaissances sont de plus en plus nécessaires à mesure qu’il grandit.

En somme nous affinons nos approches.

Quelques considérations de base

Je le répète les arbres n’ont pas les mêmes besoins en fonction d’où vous habitez. Bien qu’ils aient tous sensiblement le même fonctionnement, dans le sud par exemple ils ont plus besoin d’eau.
Voyons ensemble les 8 erreurs que vous pourriez commettre avec ce nouvel arrivant.

Les 8 erreurs d’un débutant

1. Cultiver son arbre en intérieur

Vous avez une fenêtre? Ouvrez-la et regardez: un arbre ça pousse dehors!

Les arbres d’intérieur n’existent pas…


La plupart des arbres d’intérieur sont des arbres d’origines tropicales, comme le ficus par exemple. On les met à l’abri du gel de novembre à avril et c’est tout. Et à l’intérieur ne veut pas dire sur la table de chevet loin de la lumière.

Nous sommes tellement matraqué de photo d’intérieur de maison avec des bonsaï en déco (c’est pour la photo) que notre inconscient y adhère. On les remettra dehors à la venue des beaux jours.

2. Ne pas exposer son arbre au bon endroit

Si vous ne le saviez-pas (Oh My God!) les arbres doivent voir la lumière pour grandir, comme la majorité des êtres vivants. Nous c’est pour la vitamine D, les végétaux pour la photosynthèse.
Au minimum il doit voir le soleil du matin: le soleil de l’est est celui que l’on salut en yoga.

Les conifères vont en plein soleil, c’est leur carburant.
Les feuillus et les persistants ont besoin d’ombre en général.

Observez, observez, observez!

Vous devez vous adapter à votre climat et à votre altitude.
Cela dépend de nombreux facteurs comme le climat local, la saison, l’ensoleillement et l’espèce de l’arbre.
Si vous optez pour un exotique n’imaginez pas qu’il va adorer être au coin du feu. Ca le brûle car ça n’a rien à voir avec un climat chaud et humide.

A moins que vous installiez un brumisateur dans votre salon laissez-le plutôt non loin d’une fenêtre.

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Un brumisateur dans le salon

3. Un arrosage inapproprié

On a tendance à oublier ce petit arbre, convaincu qu’il est autonome…
Vous avez des enfants? Est-ce que vous les oubliez?

La première chose à faire est de laisser reposer l’eau du robinet 24h afin que le chlore s’évapore. Le chlore est néfaste pour les arbres. Pensez à la piscine, vous arroseriez avec de l’eau de piscine?

Si vous avez un récupérateur d’eau de pluie c’est l’idéal.


Ensuite il faut vérifier régulièrement…avec le doigt (ça évite de rajouter un surcoût d’achat avec le capteur d’humidité)!

Pour savoir si nous avons suffisamment arrosé, l’eau doit s’évacuer par les trous de drainage, elle coule sous le pot!

Pas de bain s’il vous plaît, c’est à faire seulement si la motte est entièrement desséchée, mais vous n’oublierez pas votre enfant tout de même?!


Si tu n’as pas lu mes 5 astuces pour démarrer avec un petit budget c’est le moment! Je parle de la manière de faire un arrosoir-pluie fine avec une bouteille d’eau simple.
Si à l’arrosage l’eau déborde du pot (différent de couler en dessous par les trous de drainage) c’est sûrement que le substrat est trop dense. L’eau ne peut pas pénétrer. Il est temps de l’aérer avec de la pouzzolane par exemple.


Donc pour récapituler: pas assez d’eau, c’est le dessèchement assuré et trop d’eau, c’est la pourriture des racines garantie.


Et j’oubliais: est-ce que vous buvez au brumisateur quand vous avez soif? Et en hiver vous buvez aussi n’est-ce pas? Vous êtes un arbre 😉

4. Un substrat trop compact

En sortir de pépinière ou de jardinerie, votre coup de coeur vous donne envie de le conserver tel quel et de simplement l’arroser. Ce n’est pas si simple!


Il est nécessaire de le rempoter dans l’année, mars ou septembre/octobre, soit dans un plus grand pot pour qu’il développe ses racines, soit en pot à bonsaï pour le maintenir tel quel et le mettre en forme.

En été vous risquez de brûler les racines et comme il transpire beaucoup c’est carrément une épreuve pour lui.


Le substrat est un mélange de science et d’expérience.

C’est un programme préparant à la nutrition car un substrat est neutre. Il y en a tellement, dépendant de votre espèce et de votre région que ça fera l’objet d’un prochain article. En attendant je vous invite à cliquer ici pour recevoir les conseils de Vital Bonsaï.

5. Une mauvaise fertilisation

En hiver nous, êtres humains, avons tendance à être plus sujet aux maladies (rhume, grippe…) par manque de vitamine C et D notamment. Il en va de même pour un arbre qui sera plus facilement envahit par les parasites s’il est faible.

C’est par les racines qu’un bonsai absorbe les minéraux et oligo-éléments nécessaires à son développement. Donc choisir un substrat neutre permet de doser correctement la bonne quantité d’engrais à apporter à votre bonsai. On les choisira de préférence bio.

Avec les arrosages réguliers les engrais se dissolvent, il faut donc le nourrir régulièrement.
Mais l’arbre ne se nourrit pas de cette manière, ce sont les bactéries qui les digèrent pour les rendre assimilables.

Pour commencer, l’engrais à tomates peut faire l’affaire, avec le temps vous apprendrez, et moi aussi, à affiner ses besoins.

2 CONSEILS:
• Utilisez un engrais pendant la période printemps/automne, et arrêtez pendant les grosses chaleurs de juillet/août.
• Veillez à ne pas donner de l’engrais à un bonsaï en mauvaise santé.

Autre point important:

Un substrat aéré est capital. Les racines ont autant besoin d’oxygène que la partie aérienne.

De plus, les micro-organismes, bactéries et autre mycorhizes présent dans le substrat respirent, ils ont besoin d’oxygène pour travailler et aider l’arbre à assimiler les nutriments.

6. Ne pas attacher son arbre au pot

Pour des nécessité de transport les bonsaïs vendus en grande surface ou dans les jardineries ont un substrat très compacte, ce qui ne facilite pas l’arrosage. Et ça vous le savez maintenant!

En le remplaçant (si vous êtes au printemps ou en fin d’été, début d’automne) avec un substrat plus « granuleux » il est plus fragile d’un point de vue stabilité.

D’autre part les vibrations engendrées par le vent, l’arrosage…empêchent l’arbre de développer des radicelles qui sont le fondement de la survie d’un bonsaï. Il est donc vital d’attacher son bonsaï au pot.

Je vous prépare une fiche dessinée qui arrive bientôt 😉

7. Travailler sans objectifs

Lors de l’acquisition de votre arbre, vous avez sûrement eu un coup de coeur.

Que ce soit la taille du tronc, la forme générale, l’essence et son potentiel, peut-être sa floraison…En faisant cela vous avez mis en place, sans le savoir, une projection de votre futur bonsaï. Mais il est souvent dur de savoir par où commencer.

L’observation est un bon départ. Regarder à quoi ressemblent ses congénères dans la nature peut-être d’une aide précieuse. Et les exemples de bonsaï aboutis peuvent-être des modèles à suivre.

Dans un futur proche je vais mettre en place des cours de dessins pour apprendre à dessiner son arbre. Cette compétence permet de le suivre pas à pas et d’en comprendre le fonctionnement. Et dessiner ce que nous souhaiterions, notre arbre idéal, permet de mettre en place un protocole de travail.

En effet on ne taille pas un arbre sans raison, ni à n’importe quelle période. Savoir ce qui nous attend dans l’année permet également de comparer la projection au résultat.

C’est comme le carnet de santé de nos enfants.

Ce qui nous amène au dernier point

8. Le manque de patience

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L’impatience

Cultiver un arbre en pot requiert patience et humilité. Nous sommes en contact étroit avec les saisons et c’est incompressible. On ne taille pas un fruitier quand il donne des fruits, ce serait contre-productif, traumatisant pour l’arbre et sans intérêt pour nous.


Mais quand nous rentrons à la maison avec ce futur bonsaï nous aimerions qu’il en soit déjà un!
Alors on le rempote, on le taille et on le ligature pour le mettre en forme. On arrose le tout et on prend une photo…Mais avez-vous pensez au stress subit? En dehors de certains gros accidents (j’espère que vous n’en n’avez pas vécu) un médecin, un chirurgien ne vous fera jamais plusieurs opérations en même temps.

Le corps a besoin de toute son énergie pour se focaliser sur une réparation à la fois. Pour un arbre c’est la même chose il faut espacer les interventions.

Le cycle végétal est plus lent que le notre.

Pour les pins c’est un travail par an. On commence par le substrat puis le renforcement des racines et enfin la ligature. Et on le taille en hiver.
Les feuillus sont plus souples, on peut éventuellement le rempoter en mars et le tailler en juin.

Ce que vous savez maintenant

Vous connaissez maintenant les 8 erreurs principales d’un bonzaï-ka novice comme moi. Mais faire ces erreurs n’est pas une malédiction, au contraire, elles vous permettront de vraiment les assimiler. Je me suis excusé auprès de lui mais mon premier arbre de pépinière a fait l’objet de presque toutes ces erreurs en même temps…et il peine à bourgeonner! Sorry my Dear Prunus!

Retenez ces 8 erreurs de débutant !

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